Depuis plus de sept siècles, la grande béalière

Un canal de presque 2 kms depuis le haut du Bourg au Pourtalas

Bien qu’elle ait pratiquement disparu à la vue directe dans la traversée de Montpezat, qui ne connaît la « béalière » ?

Dans un terrier de 1300, elle est citée dans les confronts de maisons et terrains de la cité. On peut dire qu’elle a été un élément essentiel à la vie et au développement de la localité depuis le Moyen-âge.

Elle résulte d’un modeste barrage sur la rivière Pourseille au niveau de Béraud (haut de La Croisette) et descend sur près de 2 kms. Dès le début de son parcours, elle arrose les prés et les jardins du bord de la rivière

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La grande béalière s’appelle la béalière du moulin sur sa partie haute (cadastre napoléonien 1836). La départementale 536 (route de la Croisette n’existait pas encore.
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Plan IGN actuel avec le chemin des Hors et la voie Jules Cesar. Le tracé de la béalière ne figure plus sur les plans cadastraux.

Elle traverse la route avant le lavoir encore intact qu’elle alimente.

De là, elle passe sous les maisons jusqu’au niveau de la « fontaine ronde » sous laquelle elle se trouve.

Ensuite la « béalière » elle traverse une nouvelle fois la route en souterrain pour aller vers la croix de Chalias. Il y a là deux prises d’eau pour arroser les jardins du pont. Puis elle gagne le haut de la vieille halle (encore un lavoir autrefois) et par une chute de quelques mètres, elle faisait tourner un moulin à blé ce qui explique son nom de départ « la béalière du moulin ».

Après, par le Chanton et l’arrière des maisons elle arrive à la Mazade.

De là, toujours à l’arrière des maisons, elle gagne la place Marie Rivier et arrosait cinq jardins.

Elle traverse ensuite le petit parc à côté de la pharmacie où elle actionnait une grande roue qui animait un atelier de menuiserie.

Dans la prairie, actuellement parking, un grand embranchement souterrain la divise en de nombreux doigts enterrés, sa branche principale longe l’allée Georges Faure pour rejoindre la Prade après avoir reçu les eaux du ruisseau du Rivet bien turbulent par grosse pluie.

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La béalière dans la prairie

Elle se divise encore pour descendre au milieu de la prairie et l’irriguer par des « levades » secondaires. Cela donnait un foin très dru, très haut mais de mauvaise qualité d’autant qu’il y avait abondance de marguerites et de ravenelles.

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Entre le bourg et la Ville Basse, la béalière dans la prairie (cadastre napoléonien)

L’autre branche, le long de la route départementale, prend la direction de la Ville Basse. Canalisée, elle arrosait neuf jardins autrefois avant les premières maisons qu’elle longeait alimentant un grand bassin qui n’existe plus, cinq autres jardins derrière les maisons suivantes avant un nouvelle prise d’eau au « charreyrou » pour deux jardins. Ensuite le canal souterrain traversait la route et sortait à l’air libre à l’angle de la chapelle. L’eau arrosait huit jardins à la file et par des traversées sous la route allait dans quatre jardins sur la gauche.

Cette partie a été détruite par les travaux successifs de mise en souterrain des divers réseaux électriques, téléphoniques, reprise de adductions d’eau et des canalisations d’eau usées et pluviales.

Aujourd’hui une canalisation détourne l’eau sous les murs des jardins côté prairie et l’envoie rejoindre la grande « béalière ». Lors de pluies violentes l’eau s’écoule vers le bas de la route de la prairie et s’en va rejoindre la Pourseille par l’ancien chemin médiéval que prenaient les habitants du bourg pour aller à Notre-Dame de Prévenchères.

Désormais elle va vers son terminus non sans arroser encore cinq ou six jardins, le grand pré de la Pradette avant de remplir l’étang du Pourtalas.